Les lunettes, leur histoire
Une paire de lunettes, c’est un ensemble : une monture supportant deux verres. Autrement dit, une association entre de l’esthétique influencée par la mode et de la très haute technologie. Pour parvenir à cette formule, en apparence si simple, il a fallu sept siècles !
La correction — sans doute encore approximative — de l’hypermétropie et de la presbytie date de la fin du XIIIe siècle. Les spécialistes de l’époque taillaient les verres dans du béryl : une pierre précieuse à base de silicate d’aluminium et de béryllium. Plus tard, ce matériau sera à l’origine du mot « besicles ». Ces lentilles de béryl avaient la forme de deux petites lunes (lunettes) raccordées par des montures de corne assemblées par un clou, entre les sourcils.
Originaire de Venise, cette invention évoluera très lentement jusqu’à nos jours. Trois siècles seront nécessaires pour savoir corriger la myopie ; cinq siècles pour imaginer le principe des branches de lunettes et six pour mettre au point des verres à double foyer.
Au XVIIe siècle, les lunettes sont la marque d’un certain intellectualisme ou d’une appartenance à la noblesse ! De nos jours, pratiquement 30 millions de Français porteurs de lunettes — 58 % de femmes et 42 % d’hommes — vivent avec cet accessoire de façon plus sereine et moins élitiste ! Les lunettes sont devenues un accessoire courant, accessible à tous.
Les montures de lunettes : le look et le confort
Par plaisir, on les choisit en premier. La plupart des personnes entrent chez un opticien avec une idée de forme, de couleur, de modèle et de griffe : de sportif, de couturier, de parfumeur ou d’orfèvre.
Devant tenir compte de notre défaut visuel ou de notre activité, l’opticien est là pour nous aider à concilier le tout. Consciemment ou pas, trois préoccupations inspirent nos choix :
- le désir d’adapter nos montures à notre style ;
- les faire « coller » à notre activité ;
- et à notre budget.
Montures cerclées de métal évoquant le sérieux, montures en forme d’ailes de papillon serties de strass des Américaines excentriques... Ces accessoires donnent, effectivement, un style à un visage, une personnalité. Comme les vêtements, les montures de lunettes peuvent marquer une époque.
Depuis plusieurs années, les lunettes font fureur. Phénomène impensable hier : les rédactrices des journaux féminins en posent sur le nez des mannequins, enfants ou adultes, le temps de la photo ! On aimerait en avoir autant que de tenues et en changer comme de rouge à lèvres ou de cravate... Nos finances ne suivent malheureusement pas toujours.
Lunettes pour le sport ou pour la vie courante, nos exigences varient. Dans le premier cas, on choisit des branches flexibles qui encerclent les oreilles, absorbent et protègent des chocs ; des montures qui flottent si on les perd dans l’eau, en planche à voile... Et si l’on conduit beaucoup, mieux vaut des montures larges et enveloppantes permettant un vaste panorama.
Quelles que soient nos aspirations, il en existe pour tous les goûts, tous les âges, toutes les bourses.
Des lunettes nettes
L'entretien des lunettes est très important. En effet, cet appareil optique est un objet précieux demandant un minimum de soins. Quand on ne porte pas ses lunettes en permanence, il est nécessaire de les ranger dans un étui rigide évitant à la monture de se déformer. Mieux vaut, de même, ne pas les poser sur les verres si on veut les conserver intactes longtemps.
L’idéal est aussi de les laver de temps à autre à l’eau tiède et au savon en les séchant avec un mouchoir de coton qui ne peluche pas. Une petite révolution silencieuse a transformé la vie des porteurs de verres traités anti-reflets qui attiraient davantage les salissures. Il s’agit du traitement anti-salissures, anti-tâches, anti-traces, oléophobe, hydrophobe… Il permet d’effacer facilement des traces de doigt sur les verres, ou une poussière, tous ces défauts qui gênent la vision au travers des verres anti-reflets qui sont parfaitement transparents.
Si, enfin, vos lunettes sont vraiment « encrassées », en particulier entre la monture et les verres, confiez-les nous, pour un nettoyage en profondeur dans un bac à ultrasons.
Les lentilles de contact : le charme discret
Bien des noms célèbres, certains moins connus, jalonnent l’histoire des lentilles de contact. Léonard de Vinci a été le premier, en 1508, à en évoquer le principe.
Le philosophe mathématicien français René Descartes (1596-1650) en conçoit les calculs mais les toutes premières expériences datent de la fin du XIXe siècle. A l’époque, l’ancêtre de la lentille est une coupelle en verre qui, en maintenant les larmes sur l’œil, corrige les défauts visuels. L’idée est bonne mais l’objet est insupportable.
Il faut attendre 1948 pour voir apparaître les premières lentilles rigides en plexiglas ne recouvrant que l’iris. C’est une première révolution. La deuxième intervient, en 1965, lorsque Otto Wichterlé, un chimiste de Prague, invente les lentilles souples.
Depuis, on n’assiste plus à de grands bouleversements mais des progrès importants ne cessent de se succéder chez ces centenaires méconnues, qu’elles soient rigides ou souples.
Les années passant, les spécialistes en optique de contact savent de mieux en mieux respecter les exigences de la cornée.
Ils conçoivent donc des lentilles de plus en plus biocompatibles. Des lentilles capables de laisser respirer la cornée, de permettre à ses cellules de se renouveler et de maintenir l’intégrité du film de larmes.
Grâce à ces acquisitions en perpétuelle amélioration, les lentilles de contact satisfont, aujourd’hui, non seulement l’esthétique mais également la qualité visuelle, quels que soient les défauts puisque même les presbytes peuvent, enfin, être corrigés par le port de lentilles !
Le mystère des lentilles
Comment les lentilles de contact parviennent-elles à compenser les défauts de la vision et par quel mystère ne tombent-elles pas sous l’action des paupières ou lorsqu’on baisse la tête ?
Quel que soit le défaut visuel, le principe de correction reste le même. On pose sur la cornée une lentille calculée pour corriger ce défaut. Le contact entre la lentille et l’œil n’est pas direct car un film de larmes s’interpose.
Il a une double fonction : assurer le respect du métabolisme de la cornée et maintenir les lentilles sur les yeux malgré les mouvements. Les spécialistes nomment ce phénomène « la force capillaire ».
30 millions de porteurs de lentilles
Pourquoi choisir des lentilles de contact alors que les lunettes corrigent tous les défauts visuels ?
La première motivation est, le plus souvent, esthétique. Bien des femmes — mais les hommes y viennent aussi en nombre croissant — préfèrent leur visage « naturel ». Ayant choisi cette option, tous découvrent et apprécient ensuite les autres « plus » des lentilles : une qualité de vision supérieure à celle obtenue avec des lunettes et un champ visuel sans limite.
Dans le monde, 30 millions de personnes portent des lentilles, dont 18 millions aux Etats-Unis et 1,2 million en France. Ce dernier chiffre est aujourd'hui en augmentation grâce aux évolutions techniques apportées à ces produits et à l'arrivée des hommes sur ce marché, certains d'entre eux faisant leurs premiers pas dans le monde des lentilles pour pratiquer un sport sans se soucier de la buée, de la pluie ou du soleil... La mode des « sports de glisse » — le ski, la planche à voile, le surf... — a beaucoup participé au phénomène, les lunettes n'étant guère compatibles avec les vagues et le vent, conjugués à un ensoleillement important.
Selon une enquête SOFRES, 96 % des porteurs de lentilles se déclarent très satisfaits. Il suffit donc de se lancer! Il existe deux grandes familles de lentilles de contact : les rigides (choisies par 20 % des porteurs) et les souples (élues par 80 %).Aujourd'hui, elles corrigent tous les défauts de la vision, y compris l'astigmatisme et la presbytie.
Les lentilles de contact peuvent être portées à peu près à tous les âges. Chez les nourrissons, lorsque la maman a appris à les manipuler, cela peut être un meilleur moyen que les lunettes pour prévenir l'amblyopie ou le strabisme.
Pour les enfants, mieux vaut attendre qu'ils soient en âge de se débrouiller seuls avec leurs lentilles : environ 13/15 ans pour les garçons et 10/12 ans pour les filles si elles sont soigneuses et motivées par un souci esthétique. Lorsqu'elles sont acceptées et de préférence réclamées, les lentilles constituent une bonne méthode pour les préadolescents souffrant de gros défauts visuels et les grands sportifs.
La correction par lentilles doit répondre à trois exigences :
- le respect du métabolisme des yeux : leur besoin de respirer ;
- une bonne correction optique ;
- un confort tel qu'on les oublie.
L'oxygénation de l'œil
Comme la peau, la cornée a besoin de respirer. L'air comporte 20 % d'oxygène. La présence d'une lentille de contact prive légèrement l'œil d'une partie de cet élément.
Des études ont montré que, pour demeurer en bonne santé, la cornée doit recevoir au moins l'équivalent de 12 % d'oxygène lorsque les yeux sont ouverts et 18 % lorsqu'ils sont clos, pendant le sommeil.
La quantité d'oxygène parvenant à la cornée dépend de l'épaisseur des lentilles, du type de matériau dans lequel elles sont conçues et de leur diamètre. Certaines lentilles sont si fines qu'elles mesurent moins d'un dixième de millimètre d'épaisseur. Et suivant qu'elles sont rigides ou souples, elles utilisent des moyens différents pour respirer.
Les lentilles rigides, parfois dites flexibles, sont fabriquées dans un matériau polymère, une matière plastique contenant du silicone et du fluor : deux substances qui, par leur perméabilité, vont contribuer à véhiculer l'oxygène rendant ainsi les lentilles très confortables.
Les lentilles souples sont réalisées dans un matériau appelé hydrogel dont la particularité est d'absorber une quantité importante d'eau. Plus leur teneur en eau est élevée, plus elles sont perméables à l'oxygène. C'est pourquoi les spécialistes parlent fréquemment de lentilles à plus ou moins haute hydrophilie. Aujourd'hui, certaines lentilles contiennent environ 80 % d'eau.
Quant au diamètre des lentilles, il doit être le plus faible possible. Les lentilles rigides sont plus petites que l'iris : elles mesurent entre 8 et 10 mm de diamètre. Les lentilles souples sont légèrement plus grandes : entre 12 et 16 mm.
Lentilles de contact rigides ou souples : le bon choix
Soyons clairs : le confort des lentilles rigides n'est jamais aussi bon que celui des souples. Plusieurs semaines sont nécessaires pour oublier complètement leur présence et l'on ne peut les conserver pour se baigner.
Elles exigent, par ailleurs, une grande technicité de la part des spécialistes adaptateurs qui doivent mesurer les rayons de courbure de votre cornée avant d'essayer différents types de lentilles pour trouver la bonne « pointure ».
Les lentilles rigides sont, en revanche, plus faciles à manipuler qu'on ne le croit et d'un entretien très simple. Autres avantages : elles donnent une qualité de vision incomparable et alertent au moindre problème ophtalmologique en devenant inconfortables. Enfin, elles corrigent très bien l'astigmatisme et ont une durée de vie qui dépasse deux ans.
Les lentilles souples sont très confortables dès la première pose : l'accoutumance est immédiate. Cette qualité permet, entre autres, si on le souhaite, de les porter en alternance avec ses lunettes. On peut également les garder pour se baigner, voire pour dormir.
Leur manipulation et leur entretien exigent, par contre, plus de précautions et il faut en changer au plus tard au bout de 18 mois. Au-delà, elles perdent de leur qualité optique. Les lentilles souples exigent, enfin, que l'on soit attentif à la santé des yeux.
Des lentilles pour tous les yeux
Les lentilles permettent de corriger tous les défauts visuels, y compris la presbytie.
88 % des porteurs de lentilles sont myopes. La myopie est en effet l'indication idéale. A fortiori si l'on est myope de -1 à - 5 dioptries. Tout est alors permis : les rigides comme les souples à plus ou moins haute hydrophilie. Dans les deux cas, le résultat obtenu sera meilleur qu'avec des lunettes. Au-delà de - 5 dioptries, mieux vaut opter pour des lentilles souples à haute hydrophilie.
On voit de plus en plus d'hypermétropes porter des lentilles de contact. Ce défaut est le contraire de la myopie. Comme elle, on peut la corriger tant avec des lentilles rigides qu'avec des souples. Mais, du fait de leur puissance optique, ces lentilles sont plus épaisses. Pour une bonne tolérance par l'œil, elles nécessitent des matériaux très perméables à l'oxygène et, notamment, des lentilles souples à haute hydrophilie.
Les lentilles rigides constituent la meilleure solution pour corriger l'astigmatisme, surtout s'il est dû à la forme de la cornée, soit la majorité des cas. Les larmes contenues dans l'espace entre la cornée qui a une forme irrégulière et la lentille compensent automatiquement l'astigmatisme. On peut également choisir des lentilles souples spécifiques, dites toriques.
La presbytie
Une nouvelle solution vient d'apparaître avec les lentilles progressives. Elles permettent de percevoir des images nettes à toutes les distances. L'accoutumance est en outre très rapide et on peut sans gêne les porter en alternance avec ses lunettes. Ce confort immédiat représente un peu le rêve des presbytes débutants : rendre la presbytie discrète.
Cette innovation est le fruit de bien des travaux :
la maîtrise de calculs optiques très complexes ;
la capacité de réaliser des lentilles correspondant à ces calculs ;
les moyens de contrôler la qualité irréprochable des corrections optiques obtenues.
Il existe, également, d'autres « solutions lentilles » pour corriger la presbytie, mais elles ne permettent pas de voir à toutes les distances. Il faut donc savoir essayer les différentes formules pour découvrir la plus satisfaisante :
la technique dite « en bascule » : une lentille pour voir de loin sur l'œil directeur et, sur l'autre, une lentille pour voir de près. Inconvénient : la vision binoculaire est imparfaite. C'était, cependant, jusqu'alors, la solution la plus répandue. On dit que c'est ainsi que tous les présidents des Etats-Unis, depuis Kennedy, font face à ce vieillissement naturel de l'œil, en toute discrétion ;
les lentilles à double foyer. Il en existe de deux sortes. Les plus récentes sont appelées diffractives : elles superposent deux images sur la rétine — une de loin, une de près — et le cerveau sélectionne celle dont il a besoin. Les autres, plus anciennes sont dites à « vision alternée ». Elles exigent du spécialiste une adaptation minutieuse, le résultat n'étant pas garanti pour autant.
Les lentilles solaires
Les porteurs de lentilles ne sont plus seulement des coquets - des coquettes, surtout - qui refusent les lunettes.
Des sportifs entrent, de plus en plus nombreux, dans ce club de moins en moins fermé. On porte dorénavant des lentilles, entre autres pour jouer au tennis mais aussi pour faire du ski, de la planche à voile et du bateau. Et comme il s'agit de sports de plein air, certaines lentilles comportent, aujourd'hui, une protection solaire.
Eblouissement par le soleil direct et la réverbération, projection d'eau salée, exposition au vent..., rien ne leur est épargné. Résultat : satisfaction de l'ensemble des utilisateurs. De ceux ayant un ou plusieurs défauts visuels associés comme de ceux n 'ayant pas besoin de correction.
Certaines lentilles solaires comportent à la fois un filtre qui protège des rayons ultraviolets et un filtre teinté anti-éblouissement. Prudence donc avec les autres car - c'est prouvé - une exposition prolongée sous un soleil trop fort peut provoquer des lésions de la rétine. Sans parler de l'accélération du vieillissement du cristallin, ce qui peut entraîner une cataracte prématurée.
Le confort : des lentilles douces à l'œil
Le confort, en matière de lentilles de contact, est lié à plusieurs éléments : le matériau, la réalisation des lentilles et ce « mariage à trois » que sont les larmes, les lentilles et leur entretien. La fabrication des lentilles utilise les technologies de l'optique de précision. Il y a trois manières de réaliser des lentilles : par usinage et polissage des matériaux, par centrifugation ou par coulée dans un moule fermé. Quelle que soit la technologie, l'objectif est d'obtenir, d'une part la forme exacte exigée par celle de la cornée et le type de correction souhaitée et, d'autre part, un bord confortable.
Il faut, ensuite, avoir de « bonnes larmes » pour porter des lentilles puisque celles-ci « flottent » sur le film lacrymal. Or, la qualité et la quantité des larmes varient d'un individu à l'autre. Elles sont, chez certains, trop peu abondantes et ne suffisent pas à lubrifier les lentilles, d'où un inconfort lié à la sécheresse des yeux.
Celle-ci peut aussi provenir d'un trouble temporaire : maladie, traitement médicamenteux, opération esthétique des paupières... Tout rentrera dans l'ordre lorsque la cause aura disparu. Un simple voyage en avion influe sur le port des lentilles car l'air ambiant est sec. Mieux vaut enlever ses lentilles pour un long vol, surtout si l'on pense dormir. Dans les autres cas, sachez qu'il existe des « larmes artificielles », un collyre à base de sérum physiologique.
Une hygiène rigoureuse
C'est de leur entretien que dépendent la qualité de votre vision, la durée de vie de vos lentilles de contact et leur confort. Rassurez-vous : il est de moins en moins contraignant. Pourquoi entretenir ses lentilles ? D'abord pour éliminer les constituants des larmes qui ont pu s'y déposer : le sel, les protéines, les corps gras, la pollution provenant de notre environnement... Si l'on n'enlève pas ces dépôts, ils finissent par fabriquer un voile ou des taches indélébiles sur les lentilles et risquent de les rendre inutilisables. Ensuite, pour les préparer à la pose du lendemain.
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